" Lélia" de George Sand 8/20
Avec ce roman paru en 1833, George Sand nous confronte à une oeuvre complexe, car lyrique et symbolique, pour ne pas dire hautement philosophique. Le personnage féminin central se nomme Lélia, malgré sa relative jeunesse, elle est une femme désenchantée, abîmée par la vie, et inévitablement déçue par les hommes. Par effet boomerang, elle se recouvre en proie à pléthore de doutes existentiels. Un jour, un jeune poète la poursuit de ses assiduités amoureuses, malheureusement, Lélia ne parvient pas à l'aimer simplement, trop de questions la bouscule, la paralyse, pire, sans en avoir conscience, elle mène l'amoureux sur les voies de l'athéisme et du suicide.
Malgré une plume magnifique, aérienne, diserte et un style éblouissant, je me suis perdu dans ce vertigineux chemin littéraire. Malgré toute la poésie romantique pour décrire la flore, la faune et les surfaces arborées, déclinée en plusieurs saisons, j'ai été refroidi par une pluie verbale si diluvienne. En effet, il faut être chaudement vêtu pour franchir ce long tunnel de considérations philosophiques. D'autant que, sous le prisme de la religion catholique, la moindre pensée sensuelle se métamorphose en un intolérable pêché. Texte démodé, d'une autre époque, celle d'un romantisme intègre, et qui ne peut qu'ennuyer en ce XXIème siècle qui abhorre les textes ductiles à l'infini.
Non satisfaite de cette première version, qu'elle trouvait non aboutie, mal comprise ou qui ne correspondait plus à sa façon de penser, Gorge Sand, 6 ans plus tard, en écrira une seconde tout aussi dense. Et que dire de ces lourds monologues cherchant à décrire les moindres fluctuations d'un esprit bien confus, comme soumis à des variations oscillantes au rythme de sa pensée ? On peut comparer cette œuvre à un tableau abstrait, qui, pour amorcer un début de compréhension demandera au lecteur un long exercice de réflexion au risque de lui faire un nœud au cerveau !?!
A sa sortie, par ces réflexions audacieuses sur la morale, la religion et l'amour, ce roman provoqua un scandale. Aujourd'hui, il est un exténuant symbole du ruban de Moebius : une montagne de raisonnements pour revenir au point de départ. Néanmoins, ce roman possède des qualités intellectuelles, philosophiques et éthologiques indéniables, toutefois moi, sûrement un gros bêta, je suis passé largement au-dessus de la compréhension intrinsèque de ce texte. J'ai bien vu la préciosité de celui-ci, noté sa virtuosité intellectuelle, observé une étude approfondie de l'esprit féminin, mais ma naïve rationalité m'en a tenu écarté ou mon intelligence étant trop limitée, je n'ai pu assimiler mentalement les diverses notions exprimées par cette grande dame de la littérature, qui heureusement, à laisser d'autres textes moins hermétiques.
Gorge Sand qualifiait son roman comme un livre de constitué de glace et de cendres, que dire de plus ? Une œuvre indiscutablement romantico-poétique à confier à tout amateur de passions stériles, de ferveurs contrariées et d'âmes à jamais inconciliables. Bon courage !