9 oct. 2026

" Lélia"  de George Sand   8/20


       Avec ce roman paru en 1833, George Sand nous confronte à une oeuvre complexe, car lyrique et symbolique, pour ne pas dire hautement philosophique. Le personnage féminin central se nomme Lélia, malgré sa relative jeunesse, elle est une femme désenchantée, abîmée par la vie, et inévitablement déçue par les hommes. Par effet boomerang, elle se recouvre en proie à pléthore de doutes existentiels. Un jour, un jeune poète la poursuit de ses assiduités amoureuses, malheureusement, Lélia ne parvient pas à l'aimer simplement, trop de questions la bouscule, la paralyse, pire, sans en avoir conscience, elle mène l'amoureux sur les voies de l'athéisme et du suicide.

      Malgré une plume magnifique, aérienne, diserte et un style éblouissant, je me suis perdu dans ce vertigineux chemin littéraire. Malgré toute la poésie romantique pour décrire la flore, la faune et les surfaces arborées, déclinée en plusieurs saisons, j'ai été refroidi par une pluie verbale si diluvienne. En effet, il faut être chaudement vêtu pour franchir ce long tunnel de considérations philosophiques. D'autant que, sous le prisme de la religion catholique, la moindre pensée sensuelle se métamorphose en un intolérable pêché. Texte démodé, d'une autre époque, celle d'un romantisme intègre, et qui ne peut qu'ennuyer en ce XXIème siècle qui abhorre les textes ductiles à l'infini.

     Non satisfaite de cette première version, qu'elle trouvait non aboutie, mal comprise ou qui ne correspondait plus à sa façon de penser, Gorge Sand, 6 ans plus tard, en écrira une seconde tout aussi dense. Et que dire de ces lourds monologues cherchant à décrire les moindres fluctuations d'un esprit bien confus, comme soumis à des variations oscillantes au rythme de sa pensée ? On peut comparer cette œuvre à un tableau abstrait, qui, pour amorcer un début de compréhension demandera au lecteur un long exercice de réflexion au risque de lui faire un nœud au cerveau !?!

      A sa sortie, par ces réflexions audacieuses sur la morale, la religion et l'amour, ce roman provoqua un scandale. Aujourd'hui, il est un exténuant symbole du ruban de Moebius : une montagne de raisonnements pour revenir au point de départ. Néanmoins, ce roman possède des qualités intellectuelles, philosophiques et éthologiques indéniables, toutefois moi, sûrement un gros bêta, je suis passé largement au-dessus de la compréhension intrinsèque de ce texte. J'ai bien vu la préciosité de celui-ci, noté sa virtuosité intellectuelle, observé une étude approfondie de l'esprit féminin, mais ma naïve rationalité m'en a tenu écarté ou mon intelligence étant trop limitée, je n'ai pu assimiler mentalement les diverses notions exprimées par cette grande dame de la littérature, qui heureusement, à laisser d'autres textes moins hermétiques.

      Gorge Sand qualifiait son roman comme un livre de constitué de glace et de cendres, que dire de plus ? Une œuvre indiscutablement romantico-poétique à confier à tout amateur de passions stériles, de ferveurs contrariées et d'âmes à jamais inconciliables. Bon courage !

   

6 oct. 2026

 Aperçu du jardin automnal 2026

Partie 1


Toute la munificence d'une fleur d'Albizia.



Ne pas cueillir l'artichaut pour admirer sa fleur.



La blancheur immaculée de ce glaïeul.



Belles transversales d'agapanthes.




Tournesols ramifiés balancés par le vent de l'azur.




Fleur d'ipomée après la pluie...



...sans la pluie...



...ou version familiale. Vous avez deviné que j'adore cette fleur d'un bleu si.........bleu !?!



Je ne peux expliquer ces œillets dépassant le mètre de haut.



 Bouddha et son accompagnement floral, sous soleil automnal.

A bientôt.






4 oct. 2026

 " Le signe des quatre "  de Conan Doyle  18/20

      Depuis que son père, officier de l'armée des Indes, a mystérieusement disparu, chaque année, la jeune Mary Morstan reçoit par la poste une perle d'une valeur inestimable. Un jour, un courrier lui parvient, lui demandant de venir à un rendez-vous dans le dessein de tout lui expliquer. Pour mieux comprendre et par précaution, Mary à Sherlock Holmes de l'accompagner. Dès leur première entrevue, le brave docteur Watson tombe sous le charme de la jeune femme. De son côté, Holmes devra faire appel à toute sa sagacité pour résoudre cette énigme qui prend sa naissance dans l'Inde coloniale des maharajahs et dans le bagne des îles Andaman. Décor exotique autant dépaysant qu'angoissant sous la plume appliquée de Mr Doyle.

      Dans ce deuxième roman holmésien, s'approfondissent les relations entre Sherlock Holmes et le docteur Watson, à la fois son confident et le narrateur. Ici, les deux amis ont davantage l'occasion de comparer leurs points de vues et de définir leurs sensibilités respectives. D'un côté, Holmes prouve à nouveau ses capacités hors normes d'observation et de déduction, de l'autre, Watson prend de l'épaisseur au travers de sa sensibilité. En effet, il ne tient plus seulement le rôle de faire valoir et d'élève impressionnable, son altruisme et un désir amoureux vont le faire évoluer vers des sphères sentimentales, alors qu'Homes a trop peur de voir son jugement émoussé, sa rationalité atténuée, en s'adonnant à de tendres passions. Outrageusement seul mentalement, Holmes a besoin de présence d'un Watson, souvent déboussolé, pour mettre ses propres idées en ordre. Tout génie ne peut naviguer en solitaire, d'ailleurs Holmes se fait aider par une escouade de gamins des rues, qui tels les tentacules d'une pieuvre, lui donne un œil ouvert jour et nuit sur toute la ville de Londres.

     Ce roman est volontairement enchâssé dans une parenthèse hallucinogène. En effet, dès l'incipit, il nous saisit par la toxicomanie d'Holmes : quand son cerveau est au repos, Holmes ne peut se passer d'injections de doses de cocaïne. Il y a là une dimension transgressive du personnage : un homme qui s'érige en redresseur de torts, alors qu'il est lui aussi un marginal, un toxicomane. Tout homme n'a-t-il pas son talon d'Achille ? Sa toxicomanie ne fait-elle pas un contrepoint bien paradoxal avec sa fulgurance intellectuelle ? Ces pages, nous renseigne aussi sur le passé d'Holmes en tant qu'ancien boxeur professionnel de haut niveau. Ainsi, ce personnage possède à armes égales la tête et les jambes, c'est peu dire ! Un vrai super héros de l'époque victorienne.

      Il y a un point commun entre les deux premiers romans holmésien : les deux coupables, qualifiés de brutes épaisses obéissent à des valeurs estimables, ils y a en eux une forme de loyauté, d'intégrité, voire d'honneur. Ce sont des circonstances particulières, des accidents de la vie, qui les ont broyés, qui les ont poussées en marge de la société. Dès lors, leur culpabilité est, d'une certaine mesure, mise en question. Tout n'est jamais noir ou blanc.

      A noter que Conan Doyle, peut-être à cause de sa vision pessimiste du monde et de l'humanité, nous décrit un décor et une ambiance des plus oppressantes, telle une poétique gothique. Que cela soit dans un Londres labyrinthique envahit par un brouillard impénétrable, ou dans une Inde en peine rébellion où une armée de Cipayes s'avèrent être de redoutables insurgés, l'ensemble refléte les épaisses ténèbres d'une affaire macabre et lugubre.

      Comme beaucoup de roman écrit au XIXème siècle et traitant des populations étrangères à l'Europe, les considérations ethnographiques sont souvent teintées d'ethnocentrisme et de racisme. Ces romans leurs accolent tous les vices de caractères possibles allant jusqu'au cannibalisme, ne sont-ils pas des sauvages après tout ?!?

      Bref, Le signe des quatre est un drame en clair/obscur, les scènes essentielles ont lieu entre le crépuscule et l'aurore ; tout baigne dans un mystère autant inquiétant que ténébreux ; et enfin, rien n'existerait sans les noires profondeurs de l'âme humaine. Apparemment, les romans de Conan Doyle sont des analyses bien sombres de la condition humaine, il s'affiche comme un visionnaire d'une humanité en pleine déréliction.


27 sept. 2026

 " Etude en rouge "  d'Arthur Conan Doyle   18/20

      1881, un crime bien étrange vient d'être commis dans une maison abandonnée située dans un quartier peu avenant de Londres. Un homme mort gît au sol de la pièce principale, il n'a aucune trace de blessure, pourtant l'endroit est maculé de traces de sang. Les deux policiers mis sur l'affaire sont face à un casse-tête, afin d'éclairer leur lanterne, ils font appel à un jeune homme, détective consultant, un certain Sherlock Holmes.

      Le célèbre écrivain anglais à 27 ans quand il écrit le premier roman de la série des Sherlock Holmes. Avec un plaisir certain, nous assistons à la rencontre initial entre le docteur Watson et un homme, féru de chimie et doué d'un pouvoir divinatoire hors du commun : Mr Holmes. Cela nous vaut des dialogues à la fois d'une rare intelligente et d'une facétie follement amusante. Drôlerie toujours quand les soi-disant meilleurs officiers de police de Londres sont tournés en ridicule par le maestro de la réflexion. 

   Sous la belle plume de Conan Doyle, on devine un Holmes en début de carrière, pourtant déjà, il possède une méthode, des certitudes, des automatismes et un esprit atypique. Cela augure de futures aventures pour ce talentueux limier.

      Ce roman se structure en deux parties distinctives, l'une dans un Londres inquiétant voire mal famé, et l'autre se situant dans une communauté mormone de l'Utah, propice à la délation et au crime. Les deux lieux sont porteurs de solitude et de claustration. Conan Doyle semble ne se faire aucune illusion sur la condition humaine.

      En dehors du duo Watson et Holmes, le personnage de l'assassin m'a particulièrement captivé. En effet, son acte est la conséquence d'un sordide abus de pouvoir. Il est peut-être le plus innocent, le plus pur de tous, dramatiquement sa pureté initiale fut niée et souillée par l'arbitraire. Cette façon de traiter l'idée de vengeance donne un éclairage intéressant à toute forme de culpabilité. Elle élève le récit à une hauteur plus qu'honorable.

     Le style de Doyle est un modèle de sobriété, pas de descriptions à rallonge, pas de dialogues à n'en plus finir, tout va à l'essentiel, ce qui accroit le plaisir de lecture. Moi qui connaît peu l'oeuvre de cet auteur britannique, j'ai très envie de lire la suite. A suivre donc...


16 sept. 2026



" Mauprat "  de George Sand   17/20

      En 1837, un octogénaire, Bernard Mauprat, raconte ses années de jeunesse dans le Berry. En 1774, le jeune Bernard à 17 ans, il est l'unique rejeton de la branche aînée des Mauprat : une famille qui perpétue une vieille tradition de brigandage féodal. Une nuit, les lois du hasard lui font rencontrer et aussitôt tomber amoureux d'Edmée : la fille de Hubert de Mauprat, seul homme faisant partie de la branche cadette de la famille. Contrairement au reste de la tribu, c'est un homme bon et généreux, grandement influencé par les idées des Lumières. Du contraste entre ces deux branches familiales, aux antipodes l'une de l'autre, naît une fresque autant sociale qu'historique. L'ensemble animé et agité par la puissance de l'amour inexistant, avoué ou caché, car Edmée, pour obtenir l'assistance de Bernard, la sauvant in extrémis des mains de ses oncles, a dû lui faire un serment.

      George Sand déploie dans ce long récit toute sa panoplie intellectuelle sur l'idée de l'amour, du mariage, de la philosophie des Lumières et des jugements hâtifs d'une société en pleine marche. Sa plume, avance, toujours à l'aise, toujours magnifique, toujours frondeuse, jusqu'au point final. Elle excelle dans l'agencement des dialogues, pour sublimer une pensée, une réflexion, un ressentiment ou une déclaration d'amour.

      Ce roman est une machinerie romanesque complexe avec un bel ancrage berrichon, Sand oblige. On y suit une lutte mortelle entre le bien et le mal, où un enfant sauvage, élevé à l'écart de toute morale, doit se faire violence pour obtenir ce qu'il désire le plus au monde : l'amour de sa dulcinée. Son parcours sera périlleux, les épreuves multiples, néanmoins, tout cela est nécessaire pour qu'un homme nouveau puisse sortir des carcans diaboliques où ses oncles l'on entraîné. Sa quête éducative l'amène à s'exiler en Amérique pour mériter l'estime de la belle. J'y vois un parallèle avec l'amour courtois, si en vogue au moyen-âge, mais surtout aussi, une identification du chevalier partant en croisade, s'y battre au nom de Dieu, et revenir magnifié aux yeux d'Edmée. Néanmoins, celle-ci se jouera encore de lui, dans un ultime défi qui se terminera tragiquement. Heureusement, l'intervention d'un personnage secondaire, mais au combien essentiel, redistribuera les cartes d'une partie si mal engagée. Cet homme s'appelle Patience : un vieil ermite laïque vivant chichement dans une tour abandonnée. Pour moi, il est, par ses réflexions, par ses analyses intellectuelles, le pivot du roman. Sans lui tout s'écroule, et pourtant il n'est qu'un pauvre hère, vivant de l'air du temps ; néanmoins il est celui qui comprend le mieux la condition humaine et ses lourdes contradictions. Au travers de la voix Patience on ressent aussi les soubresauts qui bousculeront la France dans les années à venir, ses espérances de plus de liberté, dangereuses et naïves, toutefois on n'arrête pas une idée en marche.

      Outre le roman d'apprentissage, ce récit narre aussi l'affrontement ethnologique entre deux mondes opposés. L'un est provincial, même si le moyen-âge est caduque depuis trois siècle, des petits seigneurs locaux, issus des contrées éloignées du Berry, ont gardé des sales habitudes à coups de rapines et d'agressions sexuelles, sans oublier des moines cupides et une justice expéditive. L'autre monde est parisien, orienté vers l'avenir où flotte les idées de Voltaire et de Rousseau. Cependant, dans l'air du temps, ondoie déjà les prémices de la révolution française.

     On peut s'interroger sur les tortures psychologiques d'Edmée sur Bernard. On peut s'étonner de la patience incroyable de celui-ci. J'y vois un plaisir malsain de George Sand à étudier son protagoniste principal sous toutes les coutures, telle une minutieuse dissection du mental du jeune homme. Une étude optimaliste de la volonté pure. Néanmoins, Edmée est la fille spirituelle de l'écrivaine, elle possède l'inflexible orgueil des Mauprat, ne se donne-t-elle pas pour mission des défendre la cause des femmes ? Ses lectures des écrivains des Lumières lui en donne les armes. Dès lors, n'est-ce pas son engagement féministe qui l'aide à résister un temps assez long aux charmes de Bernard ?

      Ce roman, n'est-il point une oeuvre tendant vers l'éducation et/ou mieux encore vers l'humanisation du peuple dans son entièreté ? Tout en jonglant avec une belle histoire d'amour, car si Bernard veut un jour appartenir à Edmée il faut qu'il se civilise. Et cette admirable idée d'éducation générale est celle qui fut constamment portée par George Sand. L'un des piliers de cette femme remarquable.

      Par le truchement de ce roman, Gorge Sand résume un XVIIIème siècle dans son entièreté en quête d'un deuxième souffle, loin des misères et des ors, une voie inédite, tel un esprit matois lancé dans les roues d'un monde caduque.


4 sept. 2026

 " La mare au diable "   de George Sand

   Au milieu du XIXème siècle, à Belair, un village du Berry, Germain, un honnête laboureur de 28 ans et père de trois enfants, se voit inciter à se remarier par son beau-père après le décès malencontreux de sa femme. 

      Longtemps considérées comme des romans mineurs, les histoires champêtres de George Sand sont loin d'être de simples historiettes régionalistes et enfantines. En effet, en un temps où la campagne n'est nullement digne d'intérêt, George Sand veut laisser une trace de l'endroit où elle a vécu une grande partie de sa vie. D'une part, en évoquant la vie rustique du Berry avec ses traditions, et d'autre part en y racontant une idylle imprégnée de pastoralisme. A l'écart du monde moderne, le lecteur découvre un univers clos ; le Berry étant une région des plus archaïques de l'époque.

      Sous la plume érudite de l'écrivaine, se déploie une belle histoire où un homme part au loin chercher un bonheur qu'il avait juste sous les yeux, mais que ses considérations sociales empêchaient de voir. 

   Le roman est plus complexe qu'il n'y paraît, derrière le vernis de l'écriture se cache la condition humaine, d'ailleurs mise en place dès le premier chapitre par l'intermédiaire d'une gravure d'Holbein représentant un laboureur épuisé poussant sa charrue sous le regard d'un squelette armé d'un fouet, une allégorie de la vie paysanne. Plus complexe aussi, par ses quatre derniers chapitres qui relèvent d'un registre ethnographique. L'écrivaine témoigne ainsi d'une cérémonie de mariage ancestrale et atypique, comme une façon de rendre hommage à ces vies oubliées, perdues sous la poussière des siècles qui défilent et s'empilent. Ces hommes et femmes ont existés, ils ont été heureux et malheureux, par le truchement d'une écrivaine, ils ont laissés une trace. Peut-être aussi, s'agit-il d'un manifeste politico-moral, en effet, le récit conte les amours vertueux de Germain et de Marie, une jeune bergère, modeste et honnête, encouragés par un voyage bucolique où la nature jouera son rôle, ainsi que le fils aîné de Germain, le petit Pierre qui interviendra dans les situations décisives, fera parler son égoïsme d'orphelin tel un adorable séraphin.

      Ainsi, il serait dommage de rayer d'un trait de plume cette histoire révélatrice d'une région, d'une tradition et de ses habitants.


26 août 2026


 " Les Dames du Lac "  de Marion Zimmer Bradley

      Il faut avouer que ce récit, le premier d'une série de sept, traitant de la célèbre légende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde, est d'une honorable d'envergure. Même si les figures mythiques et masculines, telles que Lancelot du Lac ou Merlin L'enchanteur, sont bien présentes, dans cette version, ce sont les femmes qui monopolisent les premiers rôles : Viviane, la Dame du Lac ; Ygerne, la mère d'Arthur et son épouse Guenièvre ; la Fée Morgane, etc.

      Devant l'ampleur de cette fresque, j'ai été sidéré par la masse de travail qu'elle a dû demander à Marion Zimmer Bradley. J'ai aussitôt songé à Maurice Druon et son oeuvre : Les Rois Maudits, et inévitablement à George R.R. Martin et son ouvrage à ce jour inachevé : Le trône de fer. Toutes ses sagas, inventées ou historiques, mélangent à peu de choses près les mêmes ingrédients : l'accession au trône, la lutte pour rester au pouvoir, les intrigues de palais, les batailles, les trahisons et les amours contrariés. Toutefois, cette épopée ensorcelante, expose un affrontement, pour l'instant à fleuret moucheté, entre deux religions difficilement conciliables : celle druides avec leurs croyances ancestrales et la montée en puissance de la religion chrétienne, cherchant à faite fi des rites qu'elles considèrent comme païens, relevant d'un passé caduque. Ainsi, certains personnages sont écartelés entre deux mondes, origines de bien des tensions ; problème ô combien actuel, toujours irrésolu à ce jour.

      Avec un lyrisme singulier, Marion Zimmer Bradley nous décrit un monde qui agonise, qui argumente pour préserver ses traditions séculaires, néanmoins, devant l'arrogance et les certitudes de l'autorité chrétienne, son avenir est sombre.

      Naturellement, avec ce point de vue de départ, chaque personnages féminins existent réellement, sentimentalement comme psychologiquement. Elles luttent, elles tentent d'influencer pour faire entendre leurs maigres paroles dans ce monde débordant de virilité, avec ses grosses voix et ses grandes épées. Cependant, là est la limite de l'exercice, car à trop jouer sur le tableau féminin, il reste peu de place pour les hommes, difficile d'éprouver de l'empathie pour des protagonistes qui jouent en seconde division. J'imagine que Marion Zimmer Bradley a voulu redresser la barre un peu trop fortement, écartant allégrement tout homme, mais aussi les combats des armées chrétiennes censées repousser les barbares saxons, dont on n'aura droit à aucune description, ni des batailles, ni des saxons.

      Ainsi, ce premier tome parle essentiellement des complexités des relations, d'amour, des mariages, des enfants et des religions ou croyances. Il oeuvre également à passer un message de paix, mais qui est prêt à l'entendre ? Peut-être qu'ensuite la palette s'élargit, le futur le dira ou pas ?

      La plume de Marion Zimmer Bradley est agréable, ses descriptions sont immersives et ses dialogues sont d'un excellent niveau. Juste à regretter quelques répétitions qui font stagner une action trop absente, rendant parfois la lecture un rien brin ennuyeuse.

      Bref, ce premier opus, plutôt bien écrit, met en exergue des considérations toujours d'actualités, après tout, c'est ce que l'on demande à une oeuvre, qu'elle soit universelle. 

      

16 août 2026


" Les insurrections singulières "  de Jeanne Benameur   8/20

      Agé d'une quarantaine d'années, Antoine est un homme qui cherche toujours sa place dans le monde, comme parmi les siens. Entre les abysses d'une rupture amoureuse et la déficience du militantisme syndical face à une vorace mondialisation, Antoine est au fond du trou. Il devra se faire violence et oser un voyage initiatique pour essayer de donner un sens à sa vie. 

      Il s'agit du premier livre de cette auteure réputée que je lis d'elle. Je n'ai peut-être pas débuté par celui qu'il fallait, car franchement, je me suis royalement ennuyé !?! Que le temps m'a semblé long pour un si petit livre !?! Néanmoins, le quatrième de couverture m'avait captivé, alors pourquoi cette déception ?

      Dés les premières pages, j'ai eu une référence en tête, un magnifique roman de Gérard Mordillat : Les vivants et les morts. Là aussi une usine ferme, délocalise, et les protagonistes réagissent chacun à leur manière. De mémoire, ce roman là m'avait emballé, pour ne pas dire enthousiasmé, l'empathie fonctionnait généreusement, tandis que celui-ci m'a frustré. En effet, j'aurais voulu connaître cette Karima, alors qu'elle est juste évoquée. J'aurais aimé en savoir plus sur le frère d'Antoine, pourquoi s'est-il si facilement inséré dans le moule de la vie ? Et Thaïs aurait mérité plus de développement. Et que dire de ce hasard si improbable : à peine met-il les pieds au Brésil, qu'Antoine tombe directement sur Thaïs, comme s'il suffisait de traverser un océan pour tomber aussitôt amoureux. Cependant, je respecte les choix de Jeanne Benameur, et devant les avis laudatifs de son lectorat, je suis sûrement dans l'erreur. Je dois tenter l'expérience sur un deuxième roman pour me forger un meilleur avis. Un titre à me conseiller ?

      A noter le seul passage qui m'a enchanté, celui où Marcel lit des passages de livres sur la tombe de sa femme. Ah, si tout avait été de cette stature !


13 août 2026

" Un amour à Saanbad "  de Roland Brival   16/20

      Personnage nébuleux, dont nous ne serons jamais le nom, le narrateur est un écrivain en panne criant d'inspiration, contrairement à ce qu'il proclame à son éditrice, comme tant d'autres. Il vit depuis quelques mois avec Mary, une journaliste de guerre divorcée et son fils Thomas, un jeune homme de 17 ans. Entre les deux mâles plane souvent une incompréhension générationnelle. Le jour où Mary part en reportage dans un pays non cité, mais on reconnaît aisément l'Irak, et qu'elle tarde à donner des nouvelles, la vie des deux hommes va basculer dans une singulière guerre de tranchée. 

      Avec ce texte sombre, Roland Brival nous dépeint un monde en conflit permanent. Guerre au sens premier du terme, guerre dans le couple, guerre relationnelle et guerre dans la vocation d'écrivain. Le monde se résume à un champ de bataille perpétuelle.

      Au fil du roman, le personnage central, comprend au travers des échos du théâtre de guerre que Mary risque de ne pas en revenir. Cette absence prolongée bouleversera les deux hommes, les renvoyant aux sources de leur propre identité. 

      Tous les êtres ont des déchirures. Certes, plus ou moins profondes, plus ou moins sensibles, néanmoins tous ont touché la bosse d'un traumatisme du doigt. La faute à une humanité peuplée de loups, tous plus voraces les uns que les autres. Dès lors, comment faire pour simplement vivre ? Le désespoir de chacun nous porte à chercher une échappatoire facile, souvent l'alcool, la drogue, le tabac ou la violence, voire les quatre à la fois, histoire de supporter cette mortifère condition humaine. Ce récit est-il d'une rare lucidité ou d'un pessimisme absolu ? Les deux sûrement. En tout cas, bon courage aux futur(e)s lecteurs ou lectrices, il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un texte aussi noir.


3 août 2026

 " Le sphinx des glaces"  de Jules Verne   15/20

      Etant un fervent admirateur d'Edgar Alan Poe, Jules Verne prend pour point de départ l'un de ses plus étranges romans : Les Aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket, publié en 1838 et dont Charles Baudelaire fit la traduction en 1858. Profitant de tous les éléments qu'Edgar Poe a volontairement laissé baigner dans l'ombre, et du mystère qui plane autour de ses protagonistes, Jules Verne décide de bâtir son intrigue autour du fait que l'histoire de Poe, que tout le monde prend pour une fiction, soit en vérité une réalité. Dès lors, les personnages de Verne vont s'élancer, au travers des mers du sud et du cercle polaire antarctique, dans une recherche effrénée de Gordon Pym et de William Guy. Celui-ci étant le frère du capitaine Len Guy, personnage vernien partant, à bord de sa goélette l'Halbrane, en quête de ce frère disparu. Il sera aidé dans cette enquête océane par celui qui nous raconte l'épopée : Jeorling, un riche américain originaire du Connecticut et passionné de géologie et de minéralogie. Il sera un témoin érudit, dont la culture instruira le lecteur sur les divers essais de la conquête du pôle Sud, de surcroît, son incrédulité servira opportunément les premiers chapitres du roman ; que je n'oublie pas le métis Dick Peters, un maître cordier de son état, homme costaud vivant constamment à l'écart des autres membres de l'équipage, de ce bougre sourd une intériorité secrète, certainement le protagoniste le plus intrigant ; puis le lieutenant Jem West, un marin endurci qui en impose plus que le capitaine Len Guy, trop souvent perdu dans ses réflexions ; et enfin le bosseman Hurliguerly, il apporte une note de détente estimable dans ce récit sombre et accablant.

      Contrairement aux autres romans verniens, celui-ci, bien qu'il soit un roman d'aventures, ne tourne pas spécialement autour de l'exploration mais de l'enquête et de la recherche sous condition extrême. Les thèmes abordées sont le désespoir et de l'amour absolu, de celui qui orientent une vie définitivement, le faux semblant ou du double caché, la rébellion avec l'affrontement à l'autorité, et le thème de l'individualisme, celui qui préfère condamner un groupe d'hommes pour en privilégier un autre.

      J'ai été choqué par la façon discriminatoire avec laquelle Jules Verne parle du maître-coq du bord, Endicott, qualifié de nègre, de moricaud, quand ce n'est pas pire. Naturellement, cela reflète l'état d'esprit et le vocabulaire d'une époque, une vision tronquée de l'humanité due aux colonies et à l'idée indécrottable de la supériorité de l'homme blanc par rapport aux autres peuples. Dans la même veine, les manchots et les pingouins sont qualifiés d'idiots !?! Erreur indigne d'un tel écrivain. D'autant qu'il mélange les pingouins et les manchots, les premiers vivants dans l'hémisphère Nord et les seconds au  Sud.

      De tous les mystérieux éléments fantaisistes du roman de Poe, comme l'incroyable île Tsalal aux allures de paradis et aux habitants d'une sauvagerie rare, ou le géant blanc, ou le destin  de Gordon Pym, Verne en disposera avec habilité et subtilité, sachant les exploiter pour créer un récit reliant tous les points restés ténébreux dans le roman de Poe, il rendra l'inadmissible vraisemblable. Néanmoins, à l'instar du livre de Poe, certaines incohérences ou des hasards trop bénéfiques viennent ponctuer l'oeuvre vernienne. Ce qui en fait au final, le roman le plus énigmatique, le plus improbable et le plus incroyable (au sens premier) des oeuvres de Verne.

      L'étrangeté des deux romans, leurs côtés obscurs, la vision accablante de la vie avec ses désillusions, bref la noirceur de l'ensemble me questionne. Peut-être faut-il y lire des allégories a priori bien énigmatiques ? Dans les commentaires les hypothèses s'avancent ici ou là, cependant, malgré ces tentatives d'éclaircissements, il plane toujours pour moi, un brouillard bien lugubre sur ces deux oeuvres.


21 juil. 2026

 " Miroir de nos peines "   de Pierre Lemaître   14/20

      Avril 1940. Louise, 30 ans, court nue sur le boulevard du Montparnasse. Afin d'appréhender le traumatisme dont elle vient d'être victime, Louise devra mener une enquête qui lui fera reconsidérer son passé. En même temps, la France tout entière est saisie par la panique : les forces armées allemandes déferlent sur le pays avec une rapidité folle, semant le chaos partout. Là, dans ces conditions dantesques, émergera la vraie personnalité des gens. Je ne veux surtout pas en dire plus, beaucoup de critiques divulgâchent sans vergogne.

      Avec cette suite d'Au revoir là-haut et des Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaître nous emporte dans l'une des périodes la plus critique pour la France : la débâcle de mai 1940, moments historique où les routes étaient bondées de gens fuyant l'avancée allemande. Le cadre est posé, maintenant le caractère de ses protagonistes n'a plus qu'à se révéler, mais parfois la barrière est fine entre les héros et les salauds, entre les menteurs et les honnêtes gens et entre les courageux et les lâches. En effet, sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'esprit de certains optent, à peine le temps de la réflexion, pour une folie altruiste ou pour un repli individualiste. L'homme est si imprévisible et tant de force contraire l'agite.

      Parmi les divers personnages du roman, l'un, m'a particulièrement intrigué, passionné et amusé, il s'agit de Désiré. Un menteur professionnel capable de faire croire à n'importe qui qu'il est l'homme de la situation. En particulier quand il enfile les habits de prêtre, il possède une telle faconde, un tel enthousiasme, qu'il se met tout le monde dans la poche. J'imagine, derrière sa plume Pierre Lemaître s'amuser à écrire les diatribes de notre Père Désiré, c'est jouissif. D'ailleurs, à lui seul, ce personnage solaire mériterait un roman. 

      Pierre Lemaître travaille en historien, il se documente énormément sur les différentes périodes historiques de ses romans afin d'en saisir la substantifique moelle avec le plus de véracité possible. Comme un rappel historique pour les plus jeunes lecteurs ou ceux qui ont oubliés, ou ceux qui ne s'y sont jamais intéressés.

      Au travers de ce récit, des thèmes contemporains sont abordés : les discours de propagande, le problème des réfugiés, le concept de désobéissance, l'idée fallacieuse de supériorité, etc.

      Malheureusement, on devine un peu trop que tout ce beau monde, éparpillé sur les routes de France, va finir par se retrouver. Certaines coïncidences manquent de crédibilité. Des destins se croisent de manière improbable, néanmoins, sans être un chef-d'oeuvre, ce roman, par son récit haletant vous fera passer un agréable moment de détente.


10 juil. 2026

 Petit aperçu du jardin estival 2026

 partie 1



La bourrache prend son essor sous un ciel caniculaire, ses jours sont comptés.



Cette année, nous en sommes déjà, en ce début juillet, à la troisième canicule. Le jardin souffre énormément. De ma vie de modeste jardinier, je n'ai jamais vu cela.



Bombardées par les rayons assassins, les salades meurent...



... ou montent en graines de façon spectaculaire.



L'arrosage n'y fait rien, la mort végétale rôde.



Je suis obligé de mettre des protections solaires partout, si je veux garder quelques légumes non brûlés.



Ainsi, le potager devient beaucoup moins sexy !
On dirait presque une décharge !



Pas bien folichon cette suite de cageots protecteurs.



Partout j'érige des palissades.



Avec un parterre d'hortensias, cela paraît plus jolie.



Sous ma tente, salades et haricots essayent de mener une vie normale de légume.



Obligé d'installer ma nurserie à l'ombre de mon châtaignier.



Même serre se couvre de draps et de couvertures afin de faire descendre la température. Grâce à ce procédé peu esthétique, je perds 20°. Efficace !



Seul, le dipladénia se pavane en plein soleil...



... ainsi que les hydrangéas...



... et quelques fleurs hibiscus.



Œillets d'Inde et Cosmos essaient de faire bonne figure.



Profitant de la fraîcheur toute relative du matin, un pied de courge de Nice tente une extension verticale.



Seul légume à produire malgré tout, les pieds de courgette.



Venue de je ne sais où, une chenille de machaon se faufile sur une branche de Rue (plante aux feuilles originales).



Dans un coin élevé du jardin, mon épouvantail se rit de tous mes désappointements.



On se quitte avec la plante qui ressemble le plus à notre terrible astre solaire.

A bientôt, si je ne suis pas cuit !



24 juin 2026

 " François 1er et la renaissance " de Gonzague Saint Bris   18/20

      Quoi de mieux que de réviser son histoire de France avec un tel exalté, un tel fou d'histoires ? En effet, la faconde généreuse de Gonzague Saint Bris nous prend par la main et nous fait revivre le règne de François 1er avec un enthousiasme atypique, peut-être un peu trop, je crois que l'on frôle parfois l'hagiographie. Néanmoins, une chose est sûre, il est au nombre des Rois qui ont laissé une trace indélébile dans la longue histoire de notre pays.

      En suivant l'ordre chronologique, on revit chaque étape de François 1er, depuis sa naissance en 1494 à Cognac, puis sa nomination qui doit beaucoup au hasard au titre royal jusqu'à sa mort en 1547 au château de Rambouillet. De grands personnages historiques viennent ponctuer les pérégrinations de sa vie, tels : Henri VIII, Charles Quint, Léonard de Vinci, La Palisse, Jacques Cartier, le chevalier Bayard, etc. Un vrai régal de les retrouver sous une plume alerte et insatiable. Gonzague Saint Bris est gourmand de hauts faits ou de simples anecdotes qu'elles soient familiales, artistiques ou militaires.

      Guerrier, artiste, amoureux ou poète, François 1er est un roi populaire, au-delà de la bataille de Marignan ou du château de Chambord, on lui doit de nombreux actes politiques importants, de l'édit de Villers-Cotterêts (les documents officiels seront dorénavant rédigés en français) jusqu'à la création de la loterie nationale.

      Grâce à des apartés en fin de chapitre, ce livre est une mine de renseignements sur la période de la renaissance dans le monde, notamment celle des découvertes et de l'arrivée de certaines plantes en Europe, telles la tomate, la prune ou le thuya.

      A n'en pas douter, François 1er fut un grand Roi, il souhaitait contribuer à la grandeur de la France par d'autre moyen que la guerre. Ainsi, encore bouleversé par ce qu'il avait vu en Italie pendant sa période Renaissance, il amena l'art, qu'il soit pictural, littéraire ou architectural, au cœur son pays. 

      Par sa personnalité fantasque, Gonzague Saint Bris apporte un charme prodigieux et une verve intarissable à cette biographie. Nul doute, il fait partie de ceux qui savent raconter des histoires et captiver son auditoire.

      Un seul regret, habitant près du Havre, je ne m'explique pas pourquoi l'auteur a passé sous silence cette volonté de la part de François 1er, d'y créer un port digne de ce nom ?


18 juin 2026


 " Les grands malheurs "  de Bernard Clavel   10/20

      Eugène Roissard, vigneron épris de sa terre jurassienne, des siens et de sa patrie, est revenu mutilé et meurtri des tranchées de la Grande Guerre. Depuis, malgré un corps diminué, il s'occupe à nouveau de son vignoble avec sa femme Noémie, dont le frère, lors de cette même guerre de 14, s'est rendu aux allemands. Après les hostilités il est resté en Allemagne et y a fondé une famille. Chez les Roissard, on n'évoque jamais cette honte, même si Xavier, le fils, rêve de connaître son cousin allemand.

      Derrière ce long texte trop bavard, on devine aisément les intentions toutes légitimes de Bernard Clavel, un homme pacifiste, se méfiant des élites, proche du peuple et célébrant la terre, génératrice de tant de beauté, malheureusement cette idée altruiste de départ s'effiloche interminablement au fil des pages. Même si le message est magnifique, je me suis lassé de cette littérature sans relief et sans envergure. 

      Très vite on comprend le conflit générationnelle opposant le père et le fils. Le père, en tant qu'ancien combattant, reste fidèle à la politique de Pétain, tandis que le fils admire les français partis à Londres pour unir une résistance digne de l'esprit français. Fâcheusement, cette opposition stagne sans avancée notoire. D'ailleurs, la seule accélération se situe à la fin du roman, enfin les cartes sont rebattues, enfin le récit progresse, mais trop tardivement.

      Je me demande pourquoi Bernard Clavel ignore en grandes parties le parcours d'Arthur, le frère de Noémie, celui qui a choisi le "déshonneur", alors que son histoire personnelle s'annonçait singulière et donc intéressante ? Ce point de vue atypique aurait rendu autrement plus passionnant ce roman en  redynamisant une intrigue qui peine à prendre, puis renonce à prendre de l'envergure.

      Cependant, je reconnais qu'il n'est pas inutile, pour les plus jeunes ou les moins informés, de remettre en lumière cette période douloureuse où des millions d'êtres n'ont pas mérité que tant de malheurs s'abattent sur eux. Paroles d'autant plus universelles et d'actualité en ce monde où seule règne en maître la force et le profit. Néanmoins, comme l'exprime la parabole de l'épilogue du roman, le mal, même chez les personnes les plus respectueuses, n'est-il pas simplement niché en chacun de nous, attendant juste l'occasion de s'exprimer ?

      A noter les belles pages sur l'amitié entre l'homme et le cheval, et le respect pour le labeur de celui-ci.