1 déc. 2025


 " Croix de cendre "  de Antoine Sénanque   11/20

      En l'an de grâce 1348, l'Europe subit la terrible Peste noire. Dix-neuf ans plus tard, le prieur du monastère dominicain de Verfeil, Guillaume, sentant la mort s'approcher, souhaite faire connaître l'origine de la peste, et la vérité sur la mort de son maître en théologie : Eckhart de Hochheim qui fut un prêcheur aux sermons étonnants de combativité. A la même époque, l'inquisition fait des ravages, s'autorisant tous les abus ; ainsi, elle s'intéresse de près au Prieur de Verfeil et à son ancien maître à penser : Eckhart de Hochheim.

      Tous les ingrédients sont là pour écrire un livre sur le moyen-âge passionnant : des ecclésiastiques, un inquisiteur, un théologien sentant le soufre, des religieuses béguines, un ténébreux mystère et les origines de la Peste de 1347 lors du siège de Kaffa. Tout aurait dû aller pour le mieux, sauf que l'auteur nous a gratifié de considérations idéologiques interminables, faut dire qu'Eckhart de Hochheim, en homme d'esprit, décortique la théologie au point de devenir un langage sibyllin qui m'a simplement perdu et singulièrement lassé. Heureusement que l'intrigue immerge de temps en temps, nous faisant découvrir un moyen-âge captivant. Grâce à la belle plume érudite d'Antoine Sénanque, on visite les geôles inhumaines de l'Inquisitions toulousaine, on participe au siège de Kaffa (comptoir génois), on rencontre de misérables lépreux, néanmoins, on retombe vite sur la philosophie religieuse qui sait dire tout et son contraire avec une assurance qui m'interpelle et me déplait.

      L'auteur réussit l'incarnation des protagonistes, ils se révèlent tous plus complexes qu'il n'y paraît, chacun progressant au cours du récit, loin d'une sombre caricature.

      Un grand merci à Antoine Sénanque de parler des béguines, ces femmes formant des communautés pieuses et courageuses, œuvrant sans relâche à aider son prochain dans une foi enthousiaste et joyeuse. Malheureusement, l'Inquisition en a puni certaines, notamment Marguerite Porète, brûlée en 1310 pour hérésie.

      Malgré cela, le roman ressemble à un salmigondis, la construction est pour le moins erratique, comme si l'auteur émiettait son récit en une multitude de fractions, le tout noyé dans des divagations religieuses stériles et des pensées tortueuses fichtrement ennuyeuses. De surcroît, des anachronismes viennent plomber la véracité de l'ensemble. Exemple : l'Inquisition n'existait plus en 1347 avec un dernier bûcher en 1328 à Carcassonne. Et pan sur le bec ! Une bonne remise en ordre aurait redonné un élan vital à ce récit qui souffre de trop de longueurs. Dommage !


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