Petit aperçu du jardin printanier 2026
partie 2
Fleurs de gazania ou triple soleil de printemps.
A bientôt.
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Fleurs de gazania ou triple soleil de printemps.
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" La rose pourpre et le lys " de Michel Faber 15/20
Londres, 1875. Dans le quartier de Church Lane, une jeune femme du nom de Sugar y mène une vie de prostituée. Pourtant, sa beauté, sa vivacité d'esprit et son intelligence pourrait lui faire espérer un autre avenir, d'autant qu'elle lit, qu'elle écrit et qu'elle pratique un art singulier de la conversation. Heureusement les hasards de la vie vont la mettre en présence d'un grand héritier richissime, William Rackham, qui va tomber amoureux d'elle, au point de vouloir lui proposer une vie plus douce, faîte uniquement de belles choses. Seulement, William est déjà marié à une grande bourgeoise neurasthénique, Agnès, dont il a encore de profonds sentiments. Dès lors, oubliant l'ambiance des bordels et la médiocrité de la bourgeoisie, Sugar et William ont-ils une chance de voir leur amour triompher des embûches ?
L'incipit est surprenant : le lecteur est interpellé par l'auteur, puis pris par la main pour nous présenter certains quartier de Londres, puis cette main nous conduit vers tel ou tel personnages ; ce procédé sera repris plusieurs fois.
S'arc-boutant sur les bases du roman victorien, Michel Faber transforme son histoire en thèmes universelles : les indicibles conditions de vie de la classe populaire, l'arrogance révoltante de la bourgeoisie, les mensonges et les hypocrisies d'un peu tout le monde, le questionnement sur les choix de vie, ce que permet l'argent et ce qu'il ne peut acheter.
D'après le quatrième de couverture, l'auteur aurait mis 25 ans pour faire aboutir ce roman. Ce n'est pas vraiment surprenant à la vue de la somme de documentations nécessaire à l'élaboration d'un tel monument de plus de 1100 pages pour 1 kilo 600 grammes. Pas de doute, on se croit vraiment dans ce Londres victorien, tout est là, la ville, les odeurs, le bruit, les vêtements, la misère, la richesse ; Dickens n'est pas loin.
Le point fort de ce roman est le caractère des personnages, chacun cherche le bonheur, mais il est fuyant, instable, inatteignable. La faute au déterminisme social, aux classes de la société toujours immuables (ces fameux plafonds de verre), et à la fluctuations de nos désirs. Pourtant, certains protagonistes œuvrent pour faire bouger les carcans de la société, ils y mettent toutes leurs forces, même si les barrières sont innombrables. Devant la construction aléatoire de ce récit, ses ellipses volontaires et son manque de fin réel, il est peut-être difficile de comprendre où Michel Faber a voulu en venir, ce qu'il cherchait vraiment à exprimer. En effet, je me suis moi-même posé la question avant de saisir que l'auteur souhaitait nous mettre en face de certaines de nos contradictions, de nos errances, de nos désirs cachés.
Bien sûr, sur une intrigue d'une telle longueur, quelques passages sont fades, sans intérêt, languides, idéaux pour trouver le sommeil. J'avoue avoir lu certaines pages en zig-zag sans jamais perdre le fil conducteur, d'où leur inutilité criante.
Quant à la plume de l'auteur, elle est souvent alerte, à la recherche d'une bonne expression, constamment prête à choquer le lecteur, malheureusement, sur la distance, elle peine à s'affranchir de toutes les banalités de la vie.
Au final il reste, en devanture, une belle histoire d'amour entre Sugar et William, néanmoins, les intérêts des deux parties ont largement de quoi artificialiser cet amour, les fondations n'étaient-elles pas tronquées dès le départ ? Car entre l'extrême pauvreté et l'opulente richesse, chaque strate de la société demande un effort considérable pour être franchie ; ainsi, réellement qui peut se prévaloir d'une telle volonté ? L'altruisme se fait rare quand les temps sont dures... et comme toutes les époques sont dégueulasses !?! D'où l'importance de naître dans un milieu social aisé ; on n'a dès lors, plus que des problèmes de riches.